13 mai 2010

Mon plaisir immédiat

Je te rejoins à la brasse, mon plaisir immédiat.
Déjà les règles tombent les armes, et je jouis
D'avoir détaché mes poignets, abimés, endoloris.
Et je guette, sur mon épaule,
Les curés alignés au garde-à-vous,
Psalmodiant leurs ridicules geôles,
Et se demandant s'il est normal
Que la Sainte Vierge soit à genoux.

Et je serre la main de mon plaisir immédiat,
Pissant à la gueule de la bienséance,
La foi, la loi, toi, moi, le choix.
Et partout le grognement immense
De la foule qui refuse que, dans son Église,
On se permette des galipettes
Et que tombe une chemise.

Et je caresse la paume de mon plaisir immédiat,
Qu'importe ce qu'en dise les gens,
L'âme en équerre,
Qui foncent tête baissée, morale brandissant :
Je fais un croche patte à l'Institution,
Et prend plaisir à me remémorer
Cette incroyable vision
Du transcendant, à mes pieds, rampant.

Et je griffe le dos de mon plaisir immédiat,
L'allongeant sur le Saint Suaire.
Buvant les cinq minutes de distances
Qui me séparent de la réalité,
Je m'essuie dedans :
Voici les sept jours de la Création
Réunis ensembles dans le même lit.

Je refuse votre Enfer et votre damnation,
Pendant que vous mourrez, je jouis.

Posté par proot à 20:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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