11 février 2008
Annelein

1934, Annelein a cinq ans,
Elle aime ses parents et sa sœur Margot;
Son papa Otto lui attrape les mains,
Et la fait tourner. Plus vite!
Et Annelein rit, croyant décoller.
1937, Annelein a huit ans,
Elle sait lire, compter, et nommer les planètes,
Avec les autres enfants elle joue à cachette.
Mais Margot la trouve. Zut!
Autour d’elle, les grands perdent là tête.
1942, Annelein a treize ans,
Et dans un journal elle écrit ce qu’elle voit.
L’école et l’étoile, les juifs et les autres.
Elle se rappelle avant elle jouait avec eux.
Et Annelein se cache, traçant des lignes bleues.
1945, Annelein a seize ans,
Et entre les murs gris elle avance tristement,
Suivant la femme qui la précède,
Poussée par l’officier allemand.
Annelein tombe sur ses genoux.
La poussière de Belsen se souvient de son dernier soupir.
29 janvier 2008
Nancy en Octobre

Tes mains mordues par le froid,
Se glissent dans mes poches,
Et ton corps se colle à moi
Pour contrer l’hiver qui approche
Déjà le vent vient décoiffer
Stanislas fièrement dressé
Et les feuilles prennent des reflets
Oranges et or de bière ambrée.
Nancy en Octobre
De notre amour porte l’opprobre
C’est l’automne, nous nous aimons,
C’est la saison .
Nous quittons les pavés argent
Et rejoignons la Pépinière
Portés par des cris d’enfants
Et parfois par ceux de leurs mères
Nous nous blottissons sur un banc
Et nos corps partagent leurs chaleurs
Je te sens frissonner doucement
A cause du froid ou du bonheur?
Nancy en Octobre
De notre amour porte l’opprobre
C’est l’automne, nous nous aimons,
C’est la saison .
Je t’emmène alors prendre un verre
Dans la chaleur du Saint-Germain
« Nenette, un Coca et une bière ! »
On mélange nos salives et nos mains
Ta tête se pose, sur mon épaule
Et tes yeux se plongent dans les miens
J’ai pas envie qu’tu repartes si tôt
J’ai pas envie qu’tu rejoignes les tiens
Nancy en Octobre
De notre amour porte l’opprobre
C’est l’automne, nous nous aimons,
C’est la saison .
Nous marchons alors vers la gare
Et je rechigne à te laisser
Monter dans le train du soir
Qui doucement va t’emmener
Ton visage de derrière la vitre
Me lance des regards amoureux
Mais tu n’as que quinze ans, petite
Tes parents te veulent auprès d’eux
Nancy en Octobre
De notre amour porte l’opprobre
C’est l’automne, nous nous aimons,
C’est la saison .
19 janvier 2008
Dans une prochaine vie, papa, j'aimerais te reprendre comme père.
Un grand paquet et une adresse,
Tout cela joué en finesse (ou pas =/ )
Pour te conduire ici.
J'ai griffoné ces quelques vers
Juste pour ton anniversaire
Papa chéri =)
Te voilà à l'âge de l'apéro
J'ai pas de bouteille en cadeau
Tu m'pardonneras.
Quand même, un demi siècle plus un
Quand on y repense ca fait pas rien
Et la vingtaine s'enfuit déjà.
Enfin bref j'arrête de te taquiner
Et te laisse ces vers improvisés
Qui viennent du coeur, tu t'en doutais!
Joyeux anniversaire ! 
12 janvier 2008
Au printemps de quoi rêvais-tu?
Ca s'est propagé comme un murmure,
Une rumeur pleine d'espoir,
On en parlait derriere les murs
Il parait qu'arrive le Grand Soir
Mais rangez vos slogans et la joie dans vos yeux
Car Mai 2008 n'aura pas lieu
On aurait fêté l'anniversaire
De cette révolution manquée,
On aurait montré à l'adversaire
Qu'on était pas encore tombés.
Mais pour tout ca, faudra attendre encore un peu
Car Mai 2008 n'aura pas lieu
Qui n'a jamais rêvé
De revoir la Sorbonne libre,
Qu'ils ont osé nous voler
Parce qu'on ouvrait des livres
On avait plein d'idées pour qu'ca soit mieux
Mais Mai 2008 n'aura pas lieu
On voyait déjà les barricades
Montées comme des bastions
On s'appelait "Camarade"
Oh c'est un joli nom!
Gueuler c'est le moyen pour ne pas devenir vieux
Mais Mai 2008 n'aura pas lieu
Cette chansonnette que je chante là
N'est pas pour te fâcher
Mais pour partager avec toi
Un terrible secret.
L'ami prépare toi à scander
La lutte, c'est tous les mois d'l'année
14 décembre 2007
Aimer, c'est savoir dire je t'aime sans parler.
10 décembre 2007
C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière.

Je crois au soleil qui se lève sur nos matins
Et sous nos regards.
Je crois à la lune qui là haut conciliabule
Avec les couches-tard.
Je crois aux chemins qui ne mènent pas à Rome
Mais à des jardins
Où le vin nous enivre et les rêves font des Hommes
Qui croient à demain.
Alors si toi aussi tu crois
Lève ton verre, écrit tes vers
Et crie tes mots au-dessus des toits
Parle à tes frères
Je crois aux étoiles qui écoutent nos promesses
Et qui brillent parfois
Je crois au vent qui les porte sur sa tendresse
Et les dépose là
Je crois en un peuple qui vit chaque jour debout
Et coupe les chaines
De ceux qui tous les matins se réveillent à genoux
En crachant la haine
Alors si toi aussi tu crois
Lève ton verre, écrit tes vers
Et crie tes mots au-dessus des toits
Parle à tes frères
Je crois à la chaleur qui m’enveloppera demain
Sous ta caresse
Je crois à ton corps qui recouvrira le mien
Et à l’ivresse
Je crois à la nuit qui alors sera silence
Et nous écoutera
Je crois à l’envie et aux rêves d’abondance
Que tu m’offriras
Alors si toi aussi tu crois
Lève ton verre, écrit tes vers
Et crie tes mots au-dessus des toits
Parle à tes frères
Je crois également à l’enfant qui marche
Sans avoir peur
De se cogner, de trébucher ratant la marche
Qui suit l’odeur
Que dégagent les jardins remplis de fleurs
Qu’on a planté
A la place de toutes nos anciennes peurs
Oubliées
Alors si toi aussi tu crois
Lève ton verre, écrit tes vers
Et crie tes mots au-dessus des toits
Parle à tes frères
06 décembre 2007
Walk the line (2005) de James Mangold

01 décembre 2007
Eternité est l'anagramme d'étreinte.
Eternal Sunshine of the Spotless Mind
28 novembre 2007
Morceau de vie - 1
Je comprends que tout le monde rêve d'avoir ma vie. J'ai tout ce qu'il me faut actuellement: une fac bloquée, un mouvement social en pleine expansion, un ami homosexuel, un arabe et un juif, une guitare chère pour chanter des chansons de pauvres, un ordinateur pour faire un blog que personne ne lit, une chérie et du papier toilette. Que demander de plus? Les plus acharnés de mes lecteurs répondront "De la sueur et du sang!", mais nous verrons cela dans un prochain article un peu moins conventionnel consacré aux rapports sexuels durant les ragnagnas des filles (surlignes si t'as pas peur).
En attendant, cet après midi, je vais réaliser le rêve de beaucoup d'entre vous, oh oui, cet après midi je vais faire des jaloux. Cet après-midi je vais (roulement de tambour) ... faire les courses avec ma copine! (Eh oui je vous avais prévenus). Pour les plus malchanceux d'entre vous qui n'auraient pas d'argent pour faire les courses, ou pire, qui n'auraient pas de copine, je vais vous expliquer le principe de la journée, histoire de vous mettre encore plus les boules. Tout à l'heure, disons dans environ 1h45 et 23s, je vais prendre un bus, puis un autre bus, pour lesquels je vais dépenser de l'argent, afin de me rendre à Vézelise. Là nous allons prendre la Mamandélodie-mobile pour nous rendre à Cora (qui s'apprête à racheter l'enseignement supèrieur sous couvert de LRU, mais ceci n'est pas notre propos). Et, comble du comble, à cet endroit nous pourrons dépenser plein d'argent, et repartir avec presque rien. Ah, doux rêve...
Bref, tous mes lecteurs l'auront compris (merci à Marie et à l'homme qui tape "soulève ta jupe" dans Google), je suis content. Je terminerais donc cet article utile et futile par une citation, tout aussi futile, du nouveau penseur qu'il manquait à la gauche, BHL:
"Le marxisme est le soupir de la créature accablée, l'âme du monde sans âme, de même qu'il est l'esprit d'un monde sans esprit. Il est l'opium du peuple." Il fait bon rire de temps à autre ...
Aids side story
envoyé par Mr_Poulpe

