18 janvier 2012

La paix des morts ne soulage pas la peine des vivants

Tu avais froid, tu me l'a dit,En ces austères mois d'hiver,Tu as cherché, toute la nuit,De quoi réchauffer ta chaumière.  Quand au matin, les yeux rougis,Tu es rentrée les deux mains vides,Tu as joué à la loterie,Pour raviver ta céphéide.  Une chance sur deux, disait l'annonce,De voir rallumée votre étoile,De voir les cieux du bout du monde,De faire un séjour à la voile.  Mais ces escrocs du petit ticket,Mise même sur le jeu de la mort,Et rêvent de nous voir nous coucher,Attendant la fin patiemment. Et de ceux qui y... [Lire la suite]
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26 juin 2010

Babylone la Grande

Au Nord, la Cité s'étend,Les céphalopodes visqueux perfusent des extrémités de leurs tentacules Les neurones des humains,Si bien que chacun sait ce qu'est la RéalitéEt peut en parler.Au Sud, la Cité s'étend,Et le Maître mange la langue du disciple pour préserver l'Ordre.Le disciple l'a démontré par A + B : L'Absurde est la science prouvant que la Science est absurde. A l'Ouest, la Cité s'étend,Et l'on y épèle le mot Bonheur : P-L-A-I-S-I-R.Psalmodiant, les fidèles sont ignorants.Bien heureux les gens heureux :Ils sont Loi,... [Lire la suite]
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31 mai 2010

Misanthropie

Ils sont les témoins modernes de vos villes sans nom,Que vous avez érigées, insultants étrons,Ils regardent passer l'asphalte sur les corps,Allongés côte à côte, cimentés d'anti-corps.Ils chatouillent plus souvent qu'ils ne vous bousculent,Alors qu'ils savent qu'ils n'secouent que molécules.Quel plus beau souhait que d'être vu pour un fantôme ? Quel plus beau souhait que d'exploser pour un atome ? Les premiers repeignent les murs à bout de veine,Les seconds animent l'alizé de leur peine, Les troisièmes pêchent au bazooka dans la... [Lire la suite]
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20 mai 2010

La sculpture

Leurs silhouettes noircies s'alignent au garde-à-vous,Comme autant de témoins des tués de la vie,Incapables même de se mettre à genoux,Pour accepter leur sort, pour choisir le répit.J'avais cru un matin discerner un regard,Capable de survoler des kilomètres de champs,Croisant corbeaux, viande froide, kaléidoscopes noirs,J'avais cru un matin discerner un vivant.Je les ai bousculées, toutes ces silhouettes austères,Elles m'ont tenu les coudes de leurs doigts de fréon,J'ai traversé leurs rangs, j'ai bougé les talons,Je me suis écroulé... [Lire la suite]
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13 mai 2010

La situation

Je suis dans une bulle, La lumière la transperce,Elle résiste.De là, j'observe,Tout autour, les gens qui marchent.Certains marchent vite,Parfois bizarrement,Tous marchent dans la même direction.Je voisLes rayons de lumièreDévier légèrementLorsqu'ils effleurent les ficelles de la raison : Ces gardes-fou obscènesAccrochés à leur âme. Alors je hurle : Qu'on les libère ! Qu'on les laisse aller ! Que tout ce qui les retient De s'envoyer en l'airIci et maintenant soit refusé par tous ! Peu d'entre eux m'entendent,Aucun ne comprend. Ils... [Lire la suite]
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04 octobre 2007

Les vitres

Les pelouses de l'université, recouvertes de l’amas insipidement dérisoire des étudiants, de celui zélé qui, studieusement, se prend à recopier ses cours, assis sur l’herbe humide, à celui qui, las, s’adosse contre un mur  et compte les étudiants comme l'on compte les moutons. Un étudiant…. Deux étudiants…. Trois…. Tiens ?! En voilà un qui se roule un joint devant celui qui, inlassablement, tentera de joindre les deux bouts. Et comme seul témoin : un saule pleureur. Lui qui pleure quand le soir, le vent vient emmêler ses branches... [Lire la suite]
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27 septembre 2007

L'heure de gloire du mauvais élève

Tic....tac....tic....tacLe temps passe lentement et le professeur parle,L'élève l'écoute et les mouches volent,Elles volent par deux, elle cabriolentEt le professeur frappe, sans état d'âme. Tic....tac...tic....tacL'aiguille a fait un quart de tour,Le professeur parle toujours,Alors l'élève, d'un geste théatralCoud la bouche de l'horrible animal.Tic...tac...tic...tacIl monte sur une table, scène improvisée,Devient une Andromaque ou bien un Prométhée,Le héros d'une tragédie juvénileQui assiégé de honte partira en... [Lire la suite]
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17 septembre 2007

Bus n°130

C'est idiot comme nos sens s'éveillent à la vue d'un regard inconnu qui nous sonde, comme le nôtre scrute à son tour ce visage d'opaline, comme notre conscience nous dit "C'est peut-être maintenant". Alors on hésite, on se mord la lèvre, parce que cela peut également ne pas être maintenant . Alors on baisse la tête et on épie du coin de l'oeil. Elle regarde par ici. On détourne le regard. Infernal ballet. Ses converses l'entrainent alors et elle descend du bus. Ce n'était pas maintenant.
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15 septembre 2007

Le manège

Le manège dérape et sa pensée tourne, tourne et tourne encore, alors ses yeux s'aggrandissent... ...pour laisser couler ses larmes.
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24 août 2007

Le vieu

Ce petit vieux assis à la terrasse, son chien à ses pieds, attire mon attention. Son regard est triste comme son chapeau. Triste pourquoi? Peut-être qu'ils se rappelle d'une ou deux guerre, d'un ami mourrant dans ses bras, un morceau d'obus fiché dans le flanc, lui tendant la photo d'une charmante brune et sa médaille. Ou peut-être que le temps a emporté son amour comme il sait qu'un jour il lui prendra son chien. Enfin... qui sait? Il ne lui reste peut-être plus long sur cette Terre, et peut-être qu'un de ces quatres matin le... [Lire la suite]
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